Le Polisario pris en étau entre réalisme diplomatique et isolement croissant

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Exprime une disposition à partager le coût de la paix avec le Maroc. C’est par ces mots que Brahim Ghali, chef du Front Polisario, s’est adressé aux participants du Séminaire arabe international de solidarité, organisé dans les camps de Tindouf, en Algérie. S’appuyant sur une résolution du Conseil de sécurité d’octobre dernier, il a jugé la question du Sahara « juridiquement claire », appelant à une solution « juste, durable et définitive » conforme à la Charte de l’ONU et garantissant le droit à l’autodétermination. Tout en affirmant que le Front « ne se substituera pas aux Sahraouis », Ghali a déclaré être prêt à une « flexibilité totale » et à coopérer avec les efforts internationaux, non sans accuser certaines parties de mettre en péril le processus de paix.

Ces déclarations, perçues comme une ouverture, interviennent dans un contexte diplomatique sensible. Elles coïncident notamment avec des démarches américaines visant à relancer le processus politique, matérialisées par la récente visite en Algérie de Massad Boulos, conseiller principal du président américain. Cette annonce semble ainsi traduire la sensibilité du Polisario à des pressions indirectes, émanant des États-Unis, mais aussi directes, de la part de son principal soutien, l’Algérie. Les récentes évolutions à Alger, notamment son ouverture aux investissements étrangers et sa volonté de concurrencer le Maroc sur la scène énergétique, laissent entrevoir une possible monnaie d’échange avec Washington, pouvant à terme affecter le niveau de soutien au mouvement séparatiste.

Cette apparente flexibilité est toutefois accueillie avec scepticisme par certains observateurs sahraouis. Ramadan Massoud, président de l’Association Sahraouie de Défense des Droits de l’Homme (ASADEDH), y voit une « contradiction manifeste » et une « confusion évidente ». Pour lui, le fait que ce discours n’ait été tenu devant aucune instance officielle internationale illustre l’isolement réel du Polisario en Europe, en Amérique et dans une large partie du monde arabe et africain. La communauté internationale, selon son analyse, tend désormais à marginaliser le Front en limitant les consultations essentielles à l’Algérie, reconnue comme la partie directe et principale au conflit.

Cet isolement, souligne Massoud, n’est pas seulement diplomatique ; il se concrétise par des faits tangibles. La multiplication des reconnaissances de la souveraineté marocaine sur le Sahara et l’ouverture de consulats généraux dans les provinces du Sud en sont, selon lui, les signes les plus patents. La posture algérienne, caractérisée par une « inimitié manifeste » envers le Maroc, et les actions militaires de la « milice séparatiste » auraient en outre renforcé la méfiance des capitales internationales à l’égard du Polisario. Malgré ses tentatives de soigner son image, la réalité de son influence internationale serait donc en net déclin, le plaçant dans une position de faiblesse inédite depuis sa création.

In fine, l’avenir du mouvement semble étroitement lié aux équilibres géopolitiques régionaux. Toute démarche future du Polisario, conclut Ramadan Massoud, dépendra étroitement des pressions internationales, directes et indirectes, qui s’exercent sur lui et sur son parrain algérien. Dans ce contexte, les solutions réalistes passeraient inexorablement, selon cette analyse, par la reconnaissance du Maroc comme l’acteur central de tout accord futur concernant le Sahara, reléguant le Front à la marge des négociations décisives.

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