Amhaimid Ghazlan : Les acteurs touristiques revendiquent une refonte complète du secteur

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Dénoncent des entraves à leur activité, les professionnels et habitants d’Amhaimid Ghazlan, une zone aux atouts touristiques et écologiques uniques à l’échelle nationale, viennent de porter un dossier de revendications sociales.

Ce dernier alerte sur les déséquilibres structurels et juridiques qui pèsent lourdement sur les conditions socio-économiques de la population, en particulier des catégories directement liées au secteur du tourisme.

 

En effet, des acteurs locaux et professionnels ont élaboré un plaidoyer social visant à tirer la sonnette d’alarme sur les dysfonctionnements que traverse la région. Leur objectif est d’appeler à des solutions pratiques et durables, respectueuses de la spécificité du milieu saharien, garantissant la dignité des habitants et un développement équilibré de la zone. « Parmi nos principales demandes figure la levée de toutes les restrictions imposées à l’activité touristique, notamment les randonnées à dos de chameau », a déclaré Arabi Bala, guide touristique local. Il insiste sur la nécessité de réguler cette activité traditionnelle, source de revenus vitale, dans un cadre légal qui préserve l’environnement et assure sa pérennité.

Parallèlement, le porte-parole a indiqué que le dossier exige l’ouverture d’une enquête transparente sur la route ouverte entre Zaouiat Oued Lhassar et « Am Lek », avec une clarification des responsabilités et des sanctions en cas d’irrégularités avérées. Arabi Bala a également souligné une autre revendication phare : le réaménagement du tracé de la route régionale reliant Takounite à Sidi Abdannabi pour la relier à la route nationale N9. Ceci éviterait, selon lui, l’isolement géographique et économique d’Amhaimid Ghazlan et ses effets néfastes sur l’investissement.

Sur le plan juridique, la même source a insisté sur l’application stricte des normes concernant l’exploitation des terres collectives, notamment par des personnes non ayants droit, afin de protéger les droits coutumiers et d’empêcher toute forme d’accaparement illégal.

Concernant le développement humain, le guide a mis en avant la demande de création de branches de formation professionnelle spécialisées dans le tourisme, incluant les langues et les métiers de l’hôtellerie. Cette mesure vise à qualifier les jeunes de la région et à améliorer leur employabilité.

Cette exigence est, d’après ses dires, intrinsèquement liée au besoin urgent d’améliorer et de développer les infrastructures de base. Un tel effort est indispensable pour encourager l’investissement touristique, dynamiser l’économie locale et créer une réelle impulsion de développement.

Arabi Bala a aussi attiré l’attention sur la demande d’une solution radicale et durable au problème des déchets, dont l’impact négatif sur l’environnement, la santé publique et l’attractivité touristique de la zone est majeur.

Dans le même registre environnemental, les habitants appellent à une définition claire des parcours pour les raids automobiles et motocyclistes, afin de limiter les dégâts sur l’écosystème fragile et la quiétude des résidents. Parmi les points plus surprenants, le porte-parole a évoqué la demande d’enquêter sur l’identité d’un individu se présentant comme un agent des Eaux et Forêts et accusé de pratiquer l’extorsion auprès de gérants de camps touristiques, avec poursuites judiciaires si les faits sont confirmés.

Le dossier insiste par ailleurs sur la nécessité de simplifier les démarches administratives et juridiques pour les investisseurs originaires de la région. Cette simplification favoriserait l’initiative locale au lieu de l’entraver et renforcerait le principe de justice spatiale.

Sur le volet organisationnel, les professionnels réclament le droit d’adhérer pleinement aux différentes instances et associations régionales du tourisme, pour assurer une représentation démocratique de leurs intérêts.

Enfin, les revendications se concluent par un appel à trouver une formule concertée au profit des propriétaires de véhicules 4×4, leur permettant d’exercer leur activité touristique légale – souvent leur unique source de revenus – dans un cadre organisé et équilibré, respectueux de la loi et de l’environnement.

Dans ce contexte revendicatif, Amhaimid Ghazlan a été le théâtre, vendredi 23 janvier 2026, d’un rassemblement pacifique. Les habitants y ont exprimé leur rejet de ce qu’ils qualifient de « situation alarmante » du secteur touristique local, marquée par des décisions unilatérales et peu concertées. « Cette action vise à alerter sur des dysfonctionnements profonds dans la gestion du tourisme, qui bafouent les principes de bonne gouvernance et de justice territoriale, et menacent la subsistance de nombreuses familles », a expliqué Arabi Bala.

Les protestataires ont tenu à préciser que leur mouvement ne défend pas des intérêts catégoriels étroits, mais bien la dignité et le droit à un développement équitable, en privilégiant la lutte pacifique comme choix civique.

À l’issue du rassemblement, la population d’Amhaimid Ghazlan a réaffirmé sa détermination à poursuivre ses actions pacifiques, tout en se disant prête à un « escalade ferme et responsable » si ses légitimes demandes continuaient d’être ignorées, scandant le slogan : « Aucun droit ne se perd tant qu’il y a des revendicateurs. »

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