Invite l’Irlande à se joindre au courant international. L’ancien président de la Chambre des députés irlandaise, Seán Ó Fearghaíl, a publiquement exhorté son gouvernement à soutenir l’Initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara. Selon le député, coordinateur du Groupe d’amitié parlementaire irlando-marocain, cette orientation serait non seulement conforme aux engagements historiques de Dublin envers l’ONU, mais servirait également ses intérêts stratégiques en Afrique du Nord.
Appuie son plaidoyer sur une dynamique diplomatique qu’il juge irréversible. Ó Fearghaíl a souligné, dans une question adressée à la ministre des Affaires étrangères, que la récente résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU reflète une évolution notable de la communauté internationale. Il a rappelé que plus d’une centaine de pays à travers le monde, dont une vingtaine au sein de l’Union européenne comme les Pays-Bas récemment, soutiennent désormais la proposition marocaine comme base « sérieuse et crédible » pour une solution.
S’inscrit dans un contexte de relations bilatérales en plein essor. Le parlementaire a insisté sur le développement « sans précédent » des liens entre l’Irlande et le Maroc, citant l’ouverture de l’ambassade irlandaise à Rabat et le rôle de son ambassadrice, Helena Nolan. Pour lui, le Royaume, perçu comme une « porte d’entrée vers le continent africain », est un partenaire stratégique majeur, ce qui devrait inciter Dublin à revoir sa position.
Estime que l’heure des choix a sonné. Ó Fearghaíl a donc appelé son gouvernement à accélérer la révision de sa posture et à ne pas rester en marge de cet élan. Son implication, argue-t-il, ouvrirait de meilleures perspectives pour les populations du Sahara et contribuerait à la stabilité régionale, tant au Maroc qu’en Algérie.
Répond avec une prudence diplomatique de rigueur. La ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee, a réaffirmé le soutien de son pays au processus onusien et aux efforts de l’envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura. Elle a précisé que l’Irlande suivait de près les implications de la résolution 2797, laquelle fournit selon elle un cadre clair pour des négociations sans préconditions, impliquant toutes les parties : le Maroc, l’Algérie, le Front Polisario et la Mauritanie.
Ainsi, tandis qu’une partie de la classe politique irlandaise pousse pour un alignement sur les soutiens à l’autonomie, le gouvernement maintient, pour l’instant, une ligne plus classique, axée sur le cadre multilatéral des Nations unies sans endosser explicitement la proposition marocaine.