La révolte silencieuse des éleveurs de volaille

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Dénonce une situation de crise profonde dans la filière avicole. La Fédération nationale des éleveurs de poulets de chair alerte en effet sur des « déséquilibres graves » qui menacent la sécurité alimentaire nationale. Son constat est sans appel : le marché est dominé par un oligopole de grandes entreprises dont les pratiques asphyxient des milliers de petits producteurs.

Cette domination se traduit par un fossé économique grandissant. Alors qu’une poignée d’acteurs engrange des bénéfices substantiels, la majorité des éleveurs subit des pertes répétées, poussant nombre d’entre eux à cesser leur activité. Cette précarité n’est pas le fruit du hasard mais le résultat de plusieurs facteurs structurels, pointés du doigt par la profession.

Parmi ces griefs figure en tête l’envolée inexpliquée du prix des aliments pour volailles. Paradoxalement, cette hausse persiste malgré la baisse des cours des matières premières sur les marchés mondiaux. Pis, les éleveurs déplorent une détérioration de la qualité de ces intrants, ce qui alourdit encore leurs coûts de production et érode dramatiquement leurs marges. Cette pression sur les charges est d’autant plus mal vécue que certains de leurs donneurs d’ordre bénéficieraient de subventions publiques, sans que cela ne profite, selon la Fédération, ni aux producteurs ni à la stabilité des prix.

Face à cette spirale infernale, la tutelle est vivement critiquée pour son inaction. Un vide réglementaire présumé aurait permis à quelques acteurs d’imposer leurs conditions, au détriment de la concurrence, des éleveurs et in fine des consommateurs. Ce laissez-faire alimente un « sentiment profond d’injustice » et laisse les petits producteurs dans une instabilité sociale et économique inquiétante, sans perspective d’avenir.

Cependant, un frémissement des autorités pourrait changer la donne. Le 4 décembre 2025, les services du Conseil de la concurrence ont mené des perquisitions chez cinq entreprises du secteur des aliments composés et des poussins. Ces opérations, fondées sur des soupçons de pratiques anticoncurrentielles et d’abus de position dominante, ne préjugent pas de la culpabilité des firmes visées. Elles témoignent néanmoins d’une vigilance accrue et pourraient marquer un tournant dans la régulation d’un marché longtemps réputé pour son opacité.

Dans l’attente des conclusions de cette enquête, la Fédération nationale maintient la pression. Elle en appelle à une intervention urgente du gouvernement pour réorganiser la filière sur des bases équitables, protéger les petits éleveurs et instaurer une régulation stricte des prix. Elle exhorte également les producteurs à l’unité et cherche à mobiliser l’opinion publique pour sauver ce qu’elle considère comme un secteur stratégique pour l’économie et l’autonomie alimentaire du pays.

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