Des professionnels et experts du secteur de la santé ont mis en garde contre la progression de l’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc, estimant que ce phénomène représente une menace sérieuse pour la sécurité sanitaire des citoyens en raison des complications médicales graves qu’il peut entraîner.
Ces avertissements ont été exprimés lors d’un colloque national organisé samedi soir à Rabat par l’ONMD (Ordre National des Médecins Dentistes du Maroc), sous le thème : « L’exercice illégal de la médecine dentaire au Maroc : violation de la loi et atteinte à la sécurité sanitaire ».
Cette rencontre a réuni des représentants du ministère de la Santé et de la Protection sociale, des organisations nationales et internationales, des instances professionnelles, des experts juridiques et sanitaires ainsi que des représentants des médias.
Dans son intervention, le Dr Mohamed Sedira, président du Conseil national de l’ONMD, a souligné que cette initiative vise à sensibiliser l’opinion publique à la gravité de ce phénomène et à encourager une mobilisation collective impliquant les autorités publiques, les professionnels de santé, les médias et la société civile.
Le responsable a rappelé que le Maroc poursuit d’importantes réformes dans le domaine de la santé, notamment à travers la généralisation de la protection sociale, le renforcement de l’offre de soins et le développement des ressources humaines. Il a précisé que le Royaume forme aujourd’hui plus de 1.500 médecins-dentistes par an à travers 12 facultés de médecine dentaire, parallèlement à l’extension des infrastructures sanitaires dans plusieurs régions.
Le colloque a également été marqué par plusieurs interventions scientifiques et institutionnelles. Le Dr Ibrahim Oukhzane, directeur de la Réglementation et des Contentieux au ministère de la Santé et de la Protection sociale, a présenté les aspects juridiques et réglementaires liés à la lutte contre l’exercice illégal, tandis que Hafid Hachiri, représentant de l’Organisation mondiale de la santé au Maroc, a insisté sur l’importance du renforcement de la sécurité sanitaire et de la gouvernance dans le secteur de la santé.
Le Dr Mohamed Sedira a, par ailleurs, exposé le cadre juridique encadrant la profession de médecin-dentiste, alors que la professeure Sofia El Haitami, vice-doyenne de la Faculté de médecine dentaire de Casablanca, a détaillé les risques sanitaires liés à ces pratiques, en s’appuyant sur des données scientifiques et des observations de terrain.
Des messages vidéo de plusieurs personnalités et organisations internationales spécialisées dans la médecine dentaire ont également été diffusés lors de cette rencontre, notamment ceux du professeur Nicolas Charkov, président de la Fédération Dentaire Internationale, du Dr Abderrahmane Azri, secrétaire général de l’Union des médecins-dentistes arabes, ainsi que de responsables professionnels de France, d’Égypte et de Tunisie. Tous ont insisté sur la nécessité de lutter contre ces pratiques illégales afin de protéger la santé des citoyens.
Les participants ont également mis en avant la place croissante du Maroc au sein des instances internationales et africaines de médecine dentaire, soulignant l’importance de préserver l’image du Royaume et la crédibilité de son système de santé.
Le colloque a enfin donné la parole à des victimes de ces pratiques illégales, notamment une Marocaine résidant à l’étranger, qui a témoigné des conséquences sanitaires, psychologiques et financières subies après avoir été trompée par une personne usurpant la qualité de médecin-dentiste à travers des annonces mensongères.
À l’issue de la rencontre, l’ONMD a réaffirmé sa volonté de poursuivre ses actions de sensibilisation, de plaidoyer et de coordination avec les différents partenaires afin de protéger les citoyens et de promouvoir une pratique médicale sûre et conforme à l’éthique professionnelle.