S’apprête-t-on à assister à la consécration d’une dynastie du football arabe ? Ce jeudi, le stade Al Thumama de Doha vibrera pour une finale inédite entre le Maroc et la Jordanie, où les Lions de l’Atlas, champions en 2012, tenteront de décrocher leur deuxième sacre dans cette compétition.
Dirigée par Tarik Sektioui, la sélection marocaine A’ aborde cette ultime marche avec une détermination sans faille, malgré un parcours semé d’embûches. Le staff technique a en effet dû composer avec une infirmerie parfois chargée, contraignant à une rotation intelligente de l’effectif. Cette adversité a, paradoxalement, révélé la force du groupe : sa résilience et sa solidarité ont permis de pallier les absences tout en maintenant un niveau d’exigence élevé, quel que soit le onze de départ.
Le pilier de cette aventure marocaine réside incontestablement dans sa défense de fer. Avec un seul but concédé depuis le début du tournoi – fruit d’une simple erreur d’inattention –, l’arrière-garde est devenue un casse-tête pour tous les attaquants adverses. Cette solidité n’est pas le fruit du hasard, mais celui d’une organisation tactique rigoureuse et collective.
Devant ce rideau défensif, le bloc médian a su monter en puissance au fil des rencontres. Composé de joueurs techniques, ce milieu de terrain est devenu le véritable métronome de l’équipe, capable de dicter le tempo et de basculer instantanément de la récupération à la création. Cette maîtrise au centre du jeu a naturellement profité à l’attaque, l’une des plus prolifiques de la compétition avec huit buts inscrits. Les Lions peuvent s’appuyer sur des « tueurs » en surface et des ailiers percutants, ayant à plusieurs reprises débloqué des situations complexes.
Cette quête du titre comporte toutefois une ironie du destin : pour l’obtenir, le Maroc devra battre une Jordanie dirigée par l’un de ses fils, Jamal Sellami. Le technicien marocain a réussi l’exploit de transformer la sélection jordanienne en une machine compétitive et disciplinée. Portée par une qualification historique pour la Coupe du Monde 2026 et une éclatante victoire en demi-finale face à l’Arabie Saoudite (1-0), la Jordanie n’entend pas jouer les victimes expiatoires. Elle arrive avec une confiance au zénith, avide d’écrire sa propre page d’histoire en remportant un premier titre.
Face à cette ambition, le Maroc, impressionnant contre les Émirats Arabes Unis en demi-finale (3-0), voit en cette finale l’occasion d’affirmer une suprématie régionale qui se construirait désormais sur la constance et la maîtrise. Le stade Al Thumama sera donc le théâtre d’un choc entre l’expérience et l’ambition, où chaque équipe joue bien plus qu’un trophée : son avenir et sa légende.