S’enflamme dans un contexte de crise politique sans précédent. Ce mardi, le président Emmanuel Macron, qui a chargé le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu de poursuivre des « ultimes négociations » pour former une coalition, se retrouve plus isolé que jamais, confronté à des dissensions internes et à la pression des oppositions.
Coup de théâtre, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe (2017-2020) a exhorté le chef de l’État à organiser une élection présidentielle anticipée après l’adoption du budget 2026. Évoquant un « affaissement de l’État » qu’il juge insoutenable, cet allié traditionnel a estimé impossible de prolonger la crise actuelle pendant encore dix-huit mois.
Cette sortie fait suite à celle de Gabriel Attal, autre ex-Premier ministre (janvier-septembre 2024) et ancien proche de Macron, qui avait pris ses distances avec le président, affirmant « ne plus comprendre ses décisions ». Ces prises de position reflètent l’ampleur des divisions au sein de la majorité présidentielle.
Sur le plan institutionnel, Sébastien Lecornu, devenu le Premier ministre le plus éphémère de la Ve République après seulement quatorze heures en fonction, tente toujours de définir une « plateforme d’action et de stabilité » pour mercredi. Une mission délicate, alors que le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, a provoqué la crise en menaçant de quitter le gouvernement.
Si Retailleau a tempéré sa position en proposant un gouvernement de « cohabitation » entre Les Républicains (LR) et la macronie, il a refusé de participer à la réunion du « socle commun », fragilisant davantage les négociations. Selon l’entourage présidentiel, un compromis ne garantirait pas le maintien de Lecornu à Matignon.
Face à cette instabilité, la gauche et le Rassemblement national (RN) brandissent la menace de motions de censure. Olivier Faure (PS) réclame un « gouvernement de gauche », tandis que Marine Tondelier (Écologistes) propose une réunion des formations de gauche – initiative rejetée par le PS en présence de La France insoumise (LFI).
LFI, qui continue de demander la démission de Macron, mise sur une motion de destitution dont la recevabilité sera examinée mercredi. Quant au RN, Marine Le Pen ne voit que deux issues : la dissolution de l’Assemblée ou la démission du président, promettant de censurer « systématiquement tout gouvernement » jusqu’à l’une de ces résolutions.
Dans cette impasse, l’échec des négociations pourrait conduire Emmanuel Macron à prononcer une nouvelle dissolution, plongeant la France dans une incertitude institutionnelle inédite.